Une vie entiere pour se dire " JE T'AIME "
Quatre-vingts ans pour demarrer une histoire d'amour ? Et tout ça a cause d'un jeu ? Ou peut-etre grace a un jeu.
Sophie et Julien ont defini les regles du jeu. Ils en sont, pour le restant de leurs vies, les arbitres? et souvent les victimes.
"Cap ou pas cap ?"
"Cap ! Bien sur !".
Ils sont cap de tout : du meilleur comme du pire. Bafouer tous les tabous, défier tous les interdits, braver toutes les autorites, rire, se faire mal? Cap de tout !? sauf, peut-etre de s'avouer qu'ils s'aiment. Ce jeu commence avec un pari innocent : un pari afin d'oublier que Maman est gravement malade? afin d'oublier quand toute la classe te traite de sale polak. Et quelques paris plus tard, le jeu devient ce qu'il y a de plus beau, de plus fort dans la vie des deux enfants.
Ils jouent, ils s'aiment? Le jeu, l'amour? L'amour, le jeu : finalement c'est tellement plus simple d'etre ami.
Et ainsi la vie passe, le jeu reste, de plus en plus intense, comme la passion ? Et chaque fois qu'ils se répondent «Cap !», ils se disent, «Je t'aime plus que ma propre vie.» «Plus que ma propre vie ?» «Cap !»
Hors des sentiers battus, c'est ce qui qualifie le film de Yann Samuell. JEUX D'ENFANTS nous montre avec un décorum original les sentiments de deux enfants qui deviennent adultes. Un amour passion comme une drogue, bon et nocif à la fois. Une ardeur qui se brûle les ailes à coup de « cap ! pas cap ! ».
Les personnages qui s'attirent et se rejettent, tels des aimants, sont incarnés par des acteurs irréprochables. Marion Cotillard et Guillaume Canet sont pour ainsi dire parfaits dans les rôles de Sophie et Julien. Leur complicité transparaît dans chaque minute de pellicule. Bravo aussi aux autres comédiens, et en particulier à Emmanuelle Grönvold qui interprète la mère mourante mais néanmoins émouvante de Julien.
Ce long-métrage est un objet unique en son genre. Même si certaines scènes ont un air de déjà vu, ce petit bijou éblouit par son esthétisme poussé au paroxysme. Le graphisme est étudié comme dans une ½uvre d'art, sans parler des couleurs. Du sépia des années 60 au gris froid de notre époque, leur évolution reflète celle de ces âmes s½urs. La caméra vole, virevolte, accélère, ralentit... Accompagnée par différentes versions de la chanson d'Edith Piaf La Vie en Rose, elle nous emmène dans les palpitations des c½urs des héros.
Dans cet univers fantasmagorique à la Tim Burton, un trompe l'ennui se transforme en cercle vicieux. Petit à petit, ces deux étoiles filantes se mettent en marge de la société. Quand ils grandissent, le sexe intervient et rend malsain et dévastateur ce qui était autrefois amusant. Tout devient haine. Ils se connaissent trop et savent donc là où ça fait mal. C'est l'histoire d'une folie quotidienne. Un jeu d'enfant qui devient une arme que Sophie et Julien retournent contre eux. La seule manière de rester unis sans se détruire sera l'acte fatal.
Pour sa première réalisation, Yann Samuell signe une ½uvre pleine de symboles, tels cette boîte qui représente les enjeux de ce passe-temps un peu spécial. Les protagonistes du récit vivent dans un monde à part. Si la réalité n'était pas là, ils seraient peut-être heureux. Le cinéaste décrit ici le destin d'une passion qui survit aux affres du temps. Comme ses personnages, le film est naïf, mais il est aussi lucide et fataliste : un drôle de mélange entre éternelle insouciance et raison d'adulte.
Ce long-métrage est romantique, morbide, enfantin ou pervers... Et si JEUX D'ENFANTS était tout simplement beau, comme l'amour inaliénable de ses deux héros ?
Première :
"Un romantisme pessimiste adouci par le ton aérien de la mise en scène bariolée et (trop) virevoltante. (...)Un sujet pas si folichon pour un joli premier film. "
Nicolas Schaller (article entier disponible dans Première n°319, page 48.)
Studio Magazine :
"Grâce au jeu de ses deux acteurs, mais aussi à l'image magnifiant du chef opérateur Antoine Roch, à la musique lyrique de Philippe Rombi et à une mise en scène inspirée, Yann Samuell a réussi un bel hymne à l'amour, avec un c½ur qui bat, qui bat, qui bat... "
P.F. (article entier disponible dans Studio Magazine n°192, page 30)
CinéLive:
"Un réalisateut attaché avant tout à concevoir son joli son et lumières sur ses compétences visuelles, que la pub se fera sans doute un plaisir d'exploiter. Ou Hollywood, puisque la mode frenchy s'exporte bien actuellement."
Grégory Alexandre (article entier disponible dans Cinélive n°71, page 68)
Les Inrocks :
"L'amour tel que l'entend Yann Samuell, à savoir vache et passionnel, ouvre les portes d'un imaginaire très pauvre, bêtement illustratif plutôt qu'inventif."
Amélie Dubois (article entier disponible dans Les Inrocks n°407, page 50)
Télérama :
" La stylisation bariolée de la mise en scène prive les personnages de toute vraisemblance psychologique, et, partant, de tout attrait. "
Aurélien Ferenczi (article entier disponible sur le site de Télérama)
Chronic'art :
" On reste sous le charme de ce coup d'essai empli d'une folie singulière, et qui a su garder avec bonheur, au prix d'évidentes maladresses, une âme d'enfant retorse à toutes les morales. "
Ophélie Wiel (article entier disponible sur le site de Chronic'art)
Figaroscope :
"Il y a de la poésie, de la féerie, du romantisme et beaucoup de cynisme dans l'air. Yann Samuell ne voit pas toujours La Vie en rose chantée à tour de rôle par Zazie, Trio Esperanza, Louis Amstrong et Donna Summer. Ses deux personnages, finement interprétés par Marion Cotillard et Guillaume Canet, sont authentiques, dans la magie d'une histoire originale, naïve et perverse. "
Emmanuèle Frois (article entier disponible sur le site de Figaroscope).
Notes De Yann Samuell
" Je suis tombé sur un producteur, Christophe Rossignon, aussi timbré que moi, qui a tout de suite aimé le scénario. Je lui ai envoyé un synopsis sans avoir eu de contact préalable avec lui. Il m'a appelé pour me demander de lui envoyer tout le scénario. "
" J'ai mis un mois à écrire la première version du scénario, suite à quoi 25 autres versions ont suivi. Cela m'a pris en tout deux ans. "
" Je m'étais fixé deux objectifs, d'une part adapter à une comédie le processus de la tragédie antique où les personnages sont prisonniers de leur destin, d'autre part chaque scène devait être LA scène du film. "
" Je voulais conserver une espèce d'impertinence et un côté speed comme dans TRAINSPOTTING ou FIGHT CLUB. Je voulais aussi conserver un aspect féerique à la MARY POPPINS. Et tout ça au service d'une histoire d'amour. "
" J'étais sûr que Guillaume allait être touchant, très émouvant, et en même temps qu'il allait apporter son bagout, sa verve, son côté sautillant à la Douglas Fairbanks. "
" C'est une quête initiatique vers la maturité et vers l'amour. Le but de Julien et de Sophie est d'être heureux ensemble pour toujours et ils le sont même dans la mort. "
" Le côté très visuel était déjà dans le scénario, les accélérés, la caméra qui vole, et aussi la charte des couleurs. (...) A l'arrivée, JEUX D'ENFANTS est un film très graphique. "
A propos de La Vie en Rose : " C'est une chanson très romantique et aussi naïve, on a l'impression d'entendre un enfant la chanter. Et puis, elle a un côté vieillot, désuet, un peu cliché que j'adore et que je voulais malmener. "
Notes De Guillaume Canet
" C'était la possibilité pour moi d'incarner un personnage qui change, qui mûrit, et qui se trompe aussi. Ce genre de rôles est toujours intéressant à jouer. Et puis, ce personnage qui vit une longue histoire d'amour m'attirait car je n'avais jamais joué d'histoire d'amour au cinéma. "
" Un rôle s'appréhende surtout en fonction de la personne qui va vous donner la réplique. Je travaille l'enveloppe du personnage, sa manière de marcher, de penser, son attitude générale, et pour le reste, je préfère avoir la surprise et jouer avec mon instinct au moment des répétitions car je ne sais jamais comment l'autre va jouer. "
" Je pense que toute relation amoureuse est constructrice comme destructrice. Il y a de la perversion, du jeu, de la haine, alors oui parfois c'est destructeur. J'adhère donc à cette vision de l'amour...seulement en partie. "
" Je crois que Yann Samuell est comme ça, qu'il est comme ses personnages un grand enfant, naïf, innocent. "
" Je ne me serais pas permis de donner des indications à Yann Samuell, car je sais ce que signifie avoir un film en tête. "
Notes De Marion Cotillard
" J'ai adoré l'histoire et les personnages qui sont à moitié voire complètement dingues. Jouer cette folie qui dure toute une vie me plaisait beaucoup. "
" Pendant le tournage, nous avons été très complices avec Guillaume Canet, nous nous sommes accrochés l'un à l'autre. Cela a renforcé notre duo à l'écran. "
" Le plus dur a été toutes les nuits passées sous une pluie artificielle et la scène où le béton nous tombe dessus. "
" Ils s'entraînent mutuellement à ne pas sortir de l'enfance. Les modèles proposés par leurs proches ne sont pas convaincants. Je pense qu'ils n'ont pas envie de suivre cet exemple. Ils sont dans leur monde sans être conscients de ce qui les entoure. "
" Julien et Sophie ont peur de construire quelque chose qui les conduirait à une vie normale, ils préfèrent donc détruire leur histoire d'amour en s'obligeant à relever des défis insensés. Et plus ils grandissent, plus leurs défis deviennent forcément pervers, car il s'y ajoute un désir sexuel. "
Fiche Artistique
Guillaume Canet : Julien
Marion Cotillard : Sophie
Thibault Verhaeghe : Julien 8 ans
Joséphine Lebas Joly : Sophie 8ans
Emmanuelle Grönvold : Mère de Julien
Gérard Watkins : Père de Julien
Gilles Lellouche : Sergueï
Julia Faure : S½ur de Sophie
Laetizia Venezia : Christelle